Ligue des droits de l'Homme et du Citoyen, Section La Rochelle-Aunis
Réaction de Pierre Tartakowsky, Président national de la LDH, après la décision du Conseil d'Etat, ce jeudi 9-1:
"Le juge n'a pas fait prévaloir la liberté d'expression sur l'interdit et c'est une décision qui est lourde de périls", a commenté jeudi soir Pierre Tartakowsky. Une réaction à la décision du Conseil d'Etat validant pour la première fois l'interdiction d'un spectacle de Dieudonné. Pour le président de la Ligue des droits de l'Homme, cette décision instaure un "cadre juridique lourd de conséquences pour la liberté d'expression",
"On se trompe en pensant qu'on va régler la question à partir d'interdiction strictement juridique. Le problème est d'ampleur", estime le président de la LDH, qui pense qu'il "faut mobiliser la pédagogie, la répression", et engager un "travail de long terme".
Pierre Tartakowsky s'est dit par ailleurs "un peu surpris que le Conseil d'Etat puisse se réunir en moins de trois heures et prendre une décision sur quelque chose d'aussi important".
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Une analyse d'un avocat, Gilles Devers, sur son blog, à lire. C'est clair et argumenté:
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ANTISÉMITISME
Communiqué LDH
Quand une démocratie est attaquée dans ses fondements, elle se montre forte quand elle applique ses principes. Elle est faible si, face aux extrémismes, elle les abdique.
Dieudonné a réussi ce tour de force : le Front national défend la liberté d’expression, alors que le ministre de l’Intérieur a déclaré vouloir interdire a priori son spectacle et lui sera en tournée dans de très nombreuses salles, notamment les Zéniths qui sont sous contrat avec l’Etat.
Or, en France, depuis le début du XXe siècle, la loi, et c’est heureux, ne permet plus l’interdiction a priori des spectacles. Dieudonné et ses zélateurs s’indignent donc de ce que l’Etat s’apprête à violer une liberté fondamentale, la liberté d’expression.
Tour de force, donc, que de se faire passer pour une victime quand on est celui qui a fait son fonds de commerce de l’agression systématique d’un groupe de personnes à raison de leur origine ethnique, de leur religion, et des horreurs qu’elles ont subies.
Dieudonné a pourtant tort de se revendiquer de la liberté de création pour justifier, dans ses spectacles, ses insultes antisémites, son apologie du révisionnisme, ce pour quoi la LDH s’honore de l’avoir fait condamner. Reste qu’il a toujours transformé ses procès en tribunes, organisant son insolvabilité de façon à échapper aux condamnations financières, qu’elles soient des amendes pour l’Etat ou des dommages et intérêts pour les associations qui, comme la LDH, l’ont poursuivi avec un succès qui reste théorique.
Le ministre de l’Intérieur, en cherchant à obtenir des préfets qu’ils interdisent ses spectacles, prend un risque d’une autre dimension, celui de fédérer autour de Dieudonné une sympathie réactionnelle de ceux qui se considèrent, pour des raisons qui peuvent par ailleurs parfaitement se comprendre, opprimés, socialement ou politiquement. Et auprès de ce public, le jeu ambigu, voire pervers, entre humour et haine, agression et victimisation, politique et show-business, peut marquer les esprits dans un sens particulièrement dangereux.
Dieudonné, dont les sympathies avec les thèses les plus extrêmes de la droite antisémite ne sont plus un mystère pour personne, met donc en défaut la démocratie, lorsqu’elle répond à la haine par une menace de restriction de la liberté d’expression.
La LDH rappelle donc que la règle qui doit prévaloir est la liberté, et que tout abus de celle-ci doit être condamné de façon ferme et efficace. La LDH et ses militants seront très vigilants et attentifs à ce que les propos de Dieudonné qui méritent une sanction pénale soient poursuivis, comme elle l’a fait par le passé, et elle engage vivement les pouvoirs publics à poursuivre les atteintes à la loi une fois qu’elles sont commises, plutôt qu’à se lancer dans des interdictions préalables au fondement juridique précaire et au résultat politique incertain, voire contreproductif.
Il est scandaleux que les associations parties civiles dans les procès qui ont été fait contre cet individu n’aient aucun moyen de le forcer à exécuter les condamnations, que les magistrats n’aient pas à ce sujet de plus amples pouvoir d’investigation, et prononcent donc des peines dont ils savent par avance qu’elle ne seront pas exécutées.
Puisque Dieudonné a fait son fonds de commerce de la haine, il faut qu’il soit condamné à chaque fois qu’il l’exprime, et que les peines prononcées soient effectives et décourageantes.
Paris, le 6 janvier 2014
Site national de la LDH: http://www.ldh-france.org/
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Déjà en 2009, la LDH ...
Communiqué LDH
La Ligue des droits de l’Homme se félicite de la décision rendue par la 17e chambre
correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris condamnant Dieudonné M’Bala M’Bala à une amende de 10 000 € pour injure raciale, et recevant sa constitution de partie
civile.
Les juges ont constaté l’intention manifestement antisémite de Dieudonné lorsqu’il fait monter sur scène Robert Faurisson, chantre du négationnisme, en clôture de son spectacle au Zénith à Paris, le 26 décembre 2008, afin de lui rendre hommage et de le faire applaudir.
Le jugement relève par ailleurs que la mise en scène, consistant à faire remettre un prix à celui qui s’est fait connaître en contestant l’existence des chambres à gaz et la réalité du génocide des Juifs, par un acteur déguisé en déporté juif, participait à l’expression outrageante et méprisante.
En faisant passer pour une victime incomprise le « faussaire de l’Histoire » et en simulant la repentance des Juifs à son égard, Dieudonné a franchi un nouveau cap dans l’ignoble.
La Ligue des droits de l’Homme, partie civile à ce procès, espère qu’ainsi cette décision ouvrira les yeux à celles et ceux qui croient encore que Dieudonné est un artiste persécuté.
A ce titre le tribunal n’a pas manqué de souligner que sa prestation au Zénith n’avait suscité aucune hilarité. Il est vrai que cela fait bien longtemps que Dieudonné ne fait plus rire.
Paris, le 27 octobre 2009
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Communiqué de l’Observatoire de la liberté de création
L’Observatoire de la liberté de création de la LDH ainsi que l’ensemble de ses partenaires défend les œuvres et leurs auteurs.
Cependant, il tient à dénoncer le procédé qui consiste à prétendre, au nom de l’humour ou du spectacle, se dédouaner de sa responsabilité politique et éventuellement judiciaire.
La venue sur la scène du Zénith du négationniste Robert Faurisson et la mise en scène abjecte d’un comédien revêtu d’un pyjama et d’une étoile jaune lui remettant un prix ne sont pas admissibles.
Dieudonné n’en étant pas à son coup d’essai, il faut le combattre politiquement et dire haut et fort à son public qu’il n’est pas possible de tout admettre.
L’Observatoire appelle à la vigilance et encourage les amateurs de spectacle d’humour à ne pas se laisser entraîner sur la pente de la haine antisémite et de la hiérarchisation des victimes.
Sont membres de l’Observatoire de la liberté de création de la Ligue des droits de l’Homme :
Acid
Aica France
FRAAP, Fédération des Réseaux et Associations des Artistes Plasticiens
Groupe 25 Images
Société des Gens de Lettres (SGDL)
UGS
Paris, le 20 janvier 2009